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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 131.djvu/159

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Il semble que pour toute ; cette région la production de la pomme de terre de primeur représente une somme variant entre 2 et 3 millions de francs.

Ainsi que nous l’avons dit, Paris reçoit une certaine quantité de pommes de terre de primeur d’une tout autre région, de l’extrémité de la presqu’île du Cotentin, où la douceur de la température est telle que les cultures hâtives réussissent comme dans le Midi : en 1894, il en est entré à Paris par cette voie 1 476 tonnes.

La variété la plus répandue à Roscoff, à Saint-Paul, dans le Finistère, est la Jaune de Hollande. On plante dans les endroits bien abrités, exposés au midi, dès le mois de décembre ; en février dans les terres moins favorisées. Les produits de la première plantation sont obtenus vers le 15 avril : on vend à cette époque de 70 à 80 francs les 100 kilos ; mais ces cours élevés ne se maintiennent que pendant quatre ou cinq jours : vers le 20 avril, les pommes de terre deviennent plus abondantes et le quintal ne se vend plus guère que 60 francs ; il tombe ensuite à 40 ou 45 francs ; à partir du 15 mai et jusqu’en juin, où arrivent les tubercules plantés en février, le prix n’est plus alors que de 18 à 20 francs.

Cette culture se fait presque toujours à la bêche, plus rarement à la charrue ; on fume avec un mélange de fumier de ferme et de goémon. On estime que les dépenses s’élèvent par hectare à 500 ou 550 francs. Si on a récolté 20 000 kilos à 20 francs les 100 kilos, on aura un produit de 4 000 francs à l’hectare, dont il faudra défalquer les dépenses et le loyer de la terre.

Les pommes de terre de primeurs sont aussi cultivées aux environs de Saint-Malo, sur 750 hectares environ ; on estime que la production totale est de 80 000 quintaux, qui ne représentent guère qu’une valeur de 1 million de francs. Lapins grande partie de ces tubercules est expédiée en Angleterre, Paris n’en reçoit qu’un dixième environ.

Les très habiles maraîchers des environs de Paris ne se désintéressent pas de la culture de la pomme de terre de primeur : sur les terres sablonneuses bien exposées au midi, on plante en pleine terre dès le mois de mars. Les risques sont grands : une gelée intempestive peut retarder ou détruire la récolte ; si elle est épargnée, on arrache en mai et on atteint quelquefois les hauts prix, qui s’élèvent jusqu’à 100 francs le quintal quand la marchandise est rare.

En plantant plus tard, en avril, la variété Marjolin dite Feuille d’ortie, très précoce, on est moins exposé aux perles, mais on ne récolte qu’en juin. Les prix sont au maximum de 50 francs le quintal ; dans les années d’abondance ils tombent à 25 francs.