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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 131.djvu/150

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loin d’être indifférent. M. Aimé Girard prescrit d’employer des tubercules moyens et su ri mit de les planter entiers : si les cultivateurs ont habituellement suivi les indications précédentes et s’en sont bien trouvés, ils sont plus rebelles au sujet de cette dernière règle et les partisans des pommes de terre fragmentées restent nombreux.

Il importe enfin de procéder à une plantation régulière en lignes distantes de GO centimètres, portant un pied de 50 en 50 centimètres. A ces écartemens, tous les travaux exécutés avec les animaux restent faciles. Parmi ces travaux, le plus avantageux est le buttage : butter les pommes de terre, c’est recouvrir le collet d’une petite butte de terre ; les bourgeons qui partent de la partie » de la tige ainsi enterrée donnent en effet des rameaux à tubercule, et la récolte est augmentée.

Vers le mois de juillet, quand la saison est favorable, les champs sont complètement couverts, c’est à ce moment qu’il faut marquer les pieds les plus vigoureux, dont les tubercules serviront à la récolte suivante. Faut-il aller plus loin encore, et au moment des plantations choisir parmi les tubercules issus d’un pied se distinguant par sa puissante végétation ceux qui présentent la plus grande richesse en fécule, ce qui est aisé en remarquant que les tubercules les plus riches sont aussi les plus denses et que par suite une simple balance hydrostatique permet le classement ? On l’a cru, mais de nouveaux essais ont fait voir que la richesse en fécule n’était pas héréditaire et qu’un tubercule pauvre pouvait engendrer des pommes de terre chargées de fécule, tandis que d’un riche il naissait parfois au contraire des tubercules médiocres, de telle sorte que le triage des tubercules à la balance hydrostatique ou à l’aide de bains plus ou moins chargés de sel ne paraît pas nécessaire.

Grâce aux beaux travaux, aux instructions précises de M. Aimé Girard, il est facile d’obtenir d’un hectare un poids de tubercules, un poids de fécule singulièrement plus élevés que ceux qu’on récoltait naguère. Comment utiliser ce surcroît de produit ? C’est là ce qu’il importe d’examiner.


IV

La pomme de terre alimente, ainsi qu’il a été dit déjà, deux industries importantes : la fabrication de la fécule, celle de l’alcool.

La fécule est une poudre blanche, impalpable, composée de grains très tins, faciles à observer au microscope ; sa composition est identique à celle de l’amidon des céréales, formé de grains