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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 131.djvu/136

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La science et l’agriculture


II. LES PLANTES DE GRANDE CULTURE [1]


I. LA POMME DE TERRE

Le nombre des espèces végétales qui se prêtent à la grande culture est restreint : presque toutes celles qui couvrent nos champs sont utilisées depuis des époques tellement reculées, qu’on n’en retrouve plus les formes primitives ; il est très rare qu’une plante nouvelle s’introduise dans les cultures ; et on peut répéter avec A. de Humboldt que, depuis les temps historiques, aucune acquisition n’est comparable à celle de la pomme de terre, de cette plante rustique, cultivée aujourd’hui dans le monde entier et qui, sur une surface donnée, fournit plus de matière nutritive qu’aucune des autres plantes agricoles.

Son extension est récente. Lorsque, à la fin du siècle dernier, A. Young parcourt notre pays, il mentionne à peine la pomme de terre, contre laquelle régnait alors un préjugé tellement vivace que le voyageur ajoute : « Les 99 centièmes de l’espèce humaine n’y voudraient pas toucher. »

Ce préjugé a disparu si complètement, qu’on estime aujourd’hui à 3 milliards 142 millions de francs la valeur des pommes de terre produites annuellement dans le monde ; sur cette somme

  1. Voyez la Revue du 15 juillet et 15 août 1894.