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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/80

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très faibles en Russie, où des capitales comme Moscou et Pétersbourg n’ont pour ainsi dire pas de dettes : or, là où les villes réclament peu, le pouvoir central ne saurait être très exigeant. Parmi les contributions indirectes, l’impôt sur les boissons tient le premier rang : les économistes et les philanthropes sont en général d’accord pour approuver ou du moins pour admettre la taxation des spiritueux ; en Russie, l’alcool fournit au peuple, pauvre et mal nourri, un stimulant dangereux, mais rendu parfois nécessaire par l’âpreté du climat jointe à la misère ; cette taxe pèse donc lourdement sur lui. Nous ne pensons pas que les projets de monopole modifient beaucoup cette situation. Les droits de douane ne sont pas seulement une ressource fiscale, ils procèdent d’idées protectionnistes bien établies chez les hommes d’État russes et qui ne fléchissent que lorsqu’il s’agit d’obtenir des débouchés pour leurs céréales. On peut supposer que le développement économique du pays, en augmentant sa force d’expansion au dehors, lui permettra en même temps d’importer des marchandises étrangères pour des sommes de plus en plus considérables, et prévoir de ce chef un accroissement régulier de ce chapitre des recettes. Peut-être cet accroissement engagera-t-il le gouvernement à entrer plus hardiment dans la voie des traités de commerce et à abaisser l’échelle des tarifs douaniers pour activer les transactions.

Les droits de timbre et de mutation ne fournissent pas un contingent élevé et ne le fourniront vraisemblablement pas avant que les transactions mobilières et immobilières aient pris un plus grand essor dans le pays. Les droits sur les transports par chemins de fer ne représentent qu’un montant très faible, et ne paraissent néanmoins pas destinés à en fournir un plus fort, puisque l’État tend de plus en plus à devenir le propriétaire de tous les réseaux, que sa politique est une diminution constante des tarifs, et qu’en conséquence il serait illogique de s’imposer lui-même et de relever par voie indirecte des prix qu’il ne cesse d’abaisser.

Les revenus des postes, télégraphes et téléphones doivent être diminués des dépenses inscrites pour les mêmes objets. Les droits sur les mines et la monnaie complètent ce que la classification russe range sous le titre de droits régaliens, tandis que le domaine de l’État proprement dit fournit un quart de milliard de roubles. Le plus gros article de ce chapitre est celui des chemins de fer de l’État, qui rapportent 180 millions et coûtent 112 millions d’exploitation, c’est-à-dire 62 pour 100 des recettes ; si nous y ajoutons 12 millions et demi de grands travaux, ce