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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/698

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Sonnets de Bruges



LA VILLE LOINTAINE

Vers les dunes de fleurs sauvages, où s’étale
Le déploiement des flots d’airain, mornes et lourds,
Avec ses bœufs de pourpre et ses prés de velours,
Se déroule sans fin la Flandre Occidentale.

On voit parfois, debout sur la mer végétale,
Les clairs moulins avec leurs ailes, et les tours
Des paroisses, tandis que rêve aux anciens jours,
Bien loin sur l’horizon, la vieille capitale.

Dans la limpidité des crépuscules d’or,
Merveille du couchant, tu sembles le trésor
De quelque cathédrale opulente et pillée :

Car tes églises font, par les rouges soleils,
— Telle dans la campagne une proie oubliée, —
Comme un groupe de grands reliquaires vermeils.