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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/682

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Jean-Jacques Rousseau et le cosmopolitisme littéraire


Jean-Jacques Rousseau et les Origines du Cosmopolitisme littéraire, par M. J. Texte ;

Hachette, 1895.


« Le lecteur serait étonné si je dressais ici la liste de ce que nous avons de travaux sur l’histoire de la vie et des œuvres de Jean-Jacques Rousseau », écrivait-on à cette place il y a neuf ans ; et depuis lors, la liste s’est accrue d’une vingtaine de volumes, à ma connaissance, et de je ne sais combien d’articles en France et à l’étranger. S’il fallait avoir lu cette bibliothèque et se la rappeler pour parler de Rousseau, ou si l’on n’était reçu à parler de lui qu’à la condition d’apporter des vues inattendues et de ne jamais se rencontrer avec les devanciers, je me récuserais tout le premier ; et je crois bien que M. Texte lui-même, en dépit de son érudition abondante, se verrait accusé d’information sommaire ou d’involontaire plagiat. Il a pensé, nous pensons comme lui que dans un grand sujet et autour d’un grand nom, chacun a licence de glaner à son tour, sans autre souci des moissonneurs qui lieront les gerbes d’où le grain est tombé.

Jean-Jacques n’intervient d’ailleurs dans la thèse de M. Texte qu’à titre d’importateur du cosmopolitisme littéraire en France. La découverte n’est pas neuve ; depuis Mme de Staël, cette fonction spéciale de l’écrivain genevois apparaît avec une évidence croissante à tous ceux qui étudient la marche des idées dans notre pays. Rousseau, disent-ils tous, personnifia une réaction victorieuse du germanisme contre la tradition latine. J’aurai quelques réserves à faire sur la propriété de ces termes, je crois qu’on en peut trouver de plus justes pour qualifier un phénomène sur