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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/463

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Revues étrangères – Revues anglaises : La femme nouvelle


Un vent de révolution souffle, depuis quelque temps, sur l’Angleterre ; et c’est comme si, fatigués d’un trop long attachement à leurs coutumes d’autrefois, nos voisins s’apprêtaient maintenant à tout renouveler d’un seul coup. Je ne parle pas ici de la politique, où il semble -cependant que de graves changemens soient en train de s’accomplir : car on sait que les divisions séculaires des partis anglais ne gardent plus désormais qu’une valeur nominale ; que rien ne subsistera bientôt des programmes anciens, ni même de l’ancien esprit politique anglais ; et que la patrie de l’individualisme s’imprègne tous les jours plus profondément de principes socialistes ou, si l’on aime mieux, élatistes. Et la crise politique se double d’une crise religieuse, la plus forte assurément qui se soit produite dans ce siècle. Sous les attaques multipliées des sectes dissidentes, l’autorité traditionnelle de l’Église anglicane faiblit et s’effondre, au grand profit de la propagande catholique ; les appels pour « le fonds de défense de l’Église nationale » restent sans écho dans le public, malgré l’appui incessant que leur prêtent les plus grands noms de l’aristocratie ; et déjà certains écrivains envisagent sérieusement la possibilité d’une adhésion officielle de l’Angleterre au catholicisme.

Ce sont là de clairs indices d’un état nouveau ; mais peut-être le