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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/436

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Cette entrée, qui se trouvait dans le mur est, était formée par un pylône de forme extraordinaire en Égypte, car il semble bien qu’il ait été voûté dans sa partie supérieure ; qu’il ait ainsi présenté l’aspect des arcs de triomphe romains ; et que sous sa voûte aient passé les chars du roi, de la reine et de leurs filles, lorsqu’ils sortaient avec leur cortège pour se rendre à quelqu’une de ces pompeuses cérémonies qui sont représentées sur les parois des tombeaux, ou pour une simple promenade militaire, ou encore pour quelque triomphe au retour des expéditions heureuses. On y a en effet rencontré des constructions que l’on ne voit point habituellement dans les ouvrages du style égyptien, et qui ont tout l’air de se trouver là pour servir de point d’appui aux demi-cercles qui formaient au-dessus une voûte profonde. Sous ce pylône, une triple voie se voit encore, celle du milieu servant aux chars, celles des côtés aux piétons, cela seize siècles au moins avant les arcs de triomphe des Romains. Quand on avait traversé ce pylône, on entrait dans le palais et l’on se trouvait devant toute une série d’édifices, placés là d’après un plan qu’on n’a pas encore découvert, mais d’où la symétrie semble avoir été exclue. Tout le long du mur d’enceinte courait parallèlement un second mur également en briques, éloigné du premier d’environ douze mètres et où il était facile d’exercer une surveillance active, en cas de besoin. A droite de l’entrée, interrompant même le second mur, était l’habitation du portier, puis diverses habitations consacrées sans doute aux grands officiers de service. Il semble aussi qu’on trouvât, dès l’entrée, les appartemens privés du roi, lesquels étaient situés en face du harem, où le Pharaon pouvait ainsi se rendre à sa guise. Nulle autre partie du palais ne serait en effet suffisamment commode pour cet usage. De plus, seul parmi toutes les autres constructions, l’entrée de l’appartement royal est marquée par un pylône, et d’ailleurs les chambres ont été aussi soignées que celles destinées aux femmes, et l’on y rencontre de ces pavés peints dont il sera question plus loin. L’entrée principale de cet appartement royal, comme de celui des femmes, comme de toutes les salles qui existaient en ce palais, était située au nord ; et les appartemens recevaient ainsi les souffles vivifians du nord si goûtés des Egyptiens, pendant qu’ils étaient fermés à la chaleur qui venait du sud, de l’est et de l’ouest.

Une cour spacieuse existait entre les appartemens du roi et ceux des femmes. Aménophis IV avait un harem très nombreux, la polygamie étant licite au pays d’Égypte : une correspondance cunéiforme trouvée récemment dans sa tombe nous apprend que