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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/416

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bone qui, dans les conditions de température et de pression où on les observe ordinairement, diffèrent peu de cet état gazeux idéal que nous nommons parfait ; — imaginons que nous enfermions un gaz parfait dans un récipient mis en communication avec un manomètre, et qu’à chaque température nous mesurions la pression qui maintient ce gaz sous un volume donné ; cette pression croîtra avec la température ; convenons de regarder l’accroissement de température comme proportionnel à l’accroissement de pression ; fixons le coefficient de proportionnalité de telle manière que la différence entre le point d’ébuUition de l’eau et le point de fusion de la glace soit marquée par le nombre 100 ; nous aurons défini le thermomètre centigrade à gaz parfait, thermomètre que l’on ne peut construire, que l’on ne peut réaliser d’une manière concrète, qui n’existe qu’à titre d’abstraction dans l’entendement du physicien, mais thermomètre dont s’approchent extrêmement, dans les conditions ordinaires, les thermomètres à air ou à hydrogène. C’est la température lue sur le thermomètre centigrade à gaz parfait que Clausius fait entrer dans ses formules.

Le problème qui nous occupe est alors résolu par une formule très simple : le rapport entre la quantité de chaleur que la machine emprunte au foyer et la quantité de chaleur qu’elle cède au réfrigérant, dont la température est le point de fusion de la glace, a pour dénominateur le nombre 273 — l’inverse du coefficient de dilatation d’un gaz parfait — et pour numérateur ce même nombre 273, augmenté de la température du foyer.

Dès lors une machine fonctionnant suivant un cycle de Carnot, emprunte au foyer et cède au réfrigérant, quelles que soient les températures de ces deux corps, des quantités de chaleur qui sont entre elles comme les températures du foyer et du réfrigérant, pourvu que l’on augmente de 273 le nombre de degrés qui correspond à chacune de ces températures ; en d’autres termes, ces quantités de chaleur sont entre elles comme les températures absolues du foyer et du réfrigérant, si l’on rend aux mots : température absolue, le sens que Desormes et Clément leur avaient attribué, le sens que Laplace avait adopté.

Retournant, en quelque sorte, la série des déductions de Clausius, W. Thomson a proposé de reprendre, en la modifiant légèrement, l’idée qu’il avait émise à l’époque où l’hypothèse du calorique semblait être le fondement nécessaire de la loi de Carnot et de demander à cette dernière la définition de la tempéra- ture absolue.

Prenons un moteur qui décrit un cycle de Carnot et dont le réfrigérant est formé par une masse de glace fondante ; le rapport