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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/353

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— Parce qu’on n’a qu’une médiocre estime pour ces « formations de réserve » que les pays européens affectent à la garde de leurs côtes, et, en général pour ces masses d’hommes dépourvus de cohésion que l’on décore du nom d’armées de deuxième ligne ;

— Parce que les opérations maritimes reprennent faveur en même temps que la marine elle-même ; parce que l’on voit mieux tout le parti qu’il est possible d’en tirer, surtout depuis que la vitesse des navires de guerre et de commerce facilite les mouvemens étendus ;

— Et puis enfin — n’est-ce pas assez pour l’observateur philosophe ?… — parce que tout renaît, tout revient, tout surnage à son tour dans le remous des opinions humaines, et qu’il n’est point de si faible parcelle de vérité qu’un jour ne mette en lumière.

Nous ne pousserons pas plus loin cette étude. Il suffit d’avoir montré en quoi le canal allemand mérite l’attention des militaires, des politiques, de tous ceux qui, par profession ou par goût, cherchent à pénétrer un peu des secrets de l’avenir. Résumons nos observations en disant que les conséquences de l’ouverture de la nouvelle route maritime nous semblent devoir être :

L’accroissement rapide de la marine allemande et l’accentuation nette de son caractère offensif. Il n’est pas prouvé que, de ceci, ce soit la France qui se doive inquiéter le plus ;

Le développement des facultés stratégiques et en particulier de la vitesse des escadres appelées à opérer dans les mers du nord de l’Europe ;

Un retour d’attention sur les hautes questions militaires qui se rattachent à la péninsule Cimbrique, attention que nous n’avons pas à regretter. Toute dérivation du « potentiel » militaire accumulé sur notre frontière continentale nous est une faveur de la fortune : saurons-nous y répondre le cas échéant ?…