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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/205

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Tandis que le soir va descendre,
Le soir trouble qui fait rêver,
Il se cherche sans se trouver,
S’interroge sans se comprendre.

Comme ces grands oiseaux de mer
Qu’on entend crier dans l’orage,
Sans force, désir ni courage
Il flotte, flotte au gré de l’air.

Du profond de sa solitude,
Il se contente de pleurer.
Il voudrait encore espérer,
Il en a perdu l’habitude.

O chères âmes du bon Dieu,
Eternellement douloureuses,
Combien vous seriez plus heureuses,
Alouettes du grand ciel bleu !


DOUCEUR


De la musique avant toute chose !
(PAUL VERLAINE.)

De la douceur avant toute chose,
De la douceur et de la bonté !
Que toujours flotte, au vent enchanté,
Dans l’azur tendre, une douce rose !

Sous les rosiers marche doucement.
Effeuille, en passant, la fleur nouvelle.
Sans y penser, laisse en ta cervelle
S’épanouir le rêve charmant.

Sois bon pour tous comme pour toi-même.
Pur ? Je ne dis pas. C’est trop lointain.
Ouvre ton cœur au ciel du matin,
Et rappelle-toi qu’il faut qu’on aime.