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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/203

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Pauvres âmes !




PAUVRES AMES !


J’ai grand’pitié des faibles âmes,
Eternel jouet du destin,
Qui brillent à peine un matin,
Pauvres, pauvres petites flammes !

Ah ! ce matin, qu’il est charmant !
Et quel souvenir on en garde !
Comme il vous suit et vous regarde,
Bleu toujours ineffablement !

Dans un flot de lumière blonde
S’éveille le village heureux.
Hourrah ! Place à l’aventureux
Qui s’en va conquérir le monde !

Et l’eau vive et le bois chenu
Disent en vain à l’infidèle :
— « Reste-nous ! » — Comme l’hirondelle,
Il se lance dans l’inconnu.

Du haut des monts que l’aube irise,
Que l’univers lui paraît grand !
Que l’air des bois est enivrant !
Comme la mer fuit sous la brise !