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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/149

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un rideau de théâtre sur une féerie, on voit apparaître successivement la mer calme, immobile, la plage, les petites villes qui la bordent et que dore lé soleil levant ; puis, la chaîne des collines qui s’étagent par plans successifs ; enfin, dans le lointain, on voit sortir de la brume Caprée, Ischia, Sorrente, et au fond du golfe le Vésuve avec son panache de fumée. Malgré la banalité des descriptions qu’on en a lues, malgré l’exagération du proverbe italien que tout le monde répète, on reste stupéfait en présence de ce spectacle. Il faut toutefois qu’il fasse beau temps ; et il pleut souvent à Naples. C’est une ville à voir et à revoir encore ; mais ce n’est pas un séjour pour les valétudinaires. Le climat est inconstant, orageux, et la ville basse est malsaine. Milan ne vaut pas mieux. Les vents froids y soufflent de tous les points de l’horizon. Ceux du sud y tombent des cimes de l’Apennin, ceux du nord et du nord-ouest y descendent du sommet des Alpes ; la température y est froide et variable. La moyenne de l’hiver est au-dessous de + 2°, et on a vu le thermomètre y descendre à — 15°.

Les seules villes d’Italie dans lesquelles on puisse passer l’hiver avec une entière sécurité sont Venise, Pise et Gaëte.

Lorsqu’on a quitté l’Italie, la ville qui vous laisse le souvenir le plus durable c’est Venise. On désire y retourner, on aimerait à y vivre, au milieu des splendeurs de son passé et dans ce calme profond qu’aucun bruit ne trouble, où l’activité même est silencieuse. La température y est douce, égale, l’air humide et le ciel azuré. Une résidence semblable convient à tous ceux qui aspirent au repos.

Le climat de Pise se rapproche un peu de celui de Venise. La ville étrusque, abritée contre les vents du nord par une chaîne de collines et ouverte aux brises du sud, jouit d’une température douce et égale en hiver, principalement sur la rive droite de l’Arno. L’air y est doux, saturé de vapeurs, les pluies fréquentes et le ciel souvent couvert. On y envoyait autrefois les phtisiques, et c’était avec raison. Le climat convient en effet aux santés délicates ; la ville est calme, silencieuse, un peu triste ; elle offre cependant des ressources, et ou peut s’y installer confortablement.

Gaëte est également une résidence agréable et salubre. L’air y est plus vif et plus tonique qu’à Pise, à cause du voisinage plus immédiat de la mer. C’est à Gaëte que se rendent l’été la plupart des grandes familles romaines, lorsque les chaleurs et la malaria les chassent de la Ville éternelle.

Les localités que je viens de passer en revue peuvent convenir pour abriter des convalescens et des malades pendant la mauvaise saison ; mais la région de l’Italie qui se prête le mieux à la