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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/146

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promis « un éternel printemps, sous un ciel toujours bleu » ; ils sont hypnotisés, en arrivant, par l’éclat de la lumière et la beauté de la mer et, pour peu qu’ils s’attardent à contempler le coucher du soleil, ils sont saisis par le froid du soir, dont l’impression est plus vive dans le Midi que dans le Nord. Pour peu que le soleil se cache, le temps devient terne et perd son aspect riant ; enfin, s’il vient à pleuvoir, c’est une désolation, parce que rien n’est disposé en vue du mauvais temps. Les maisons ne sont pas confortables, les portes et les fenêtres ferment mal, les chambres sont carrelées, et les cheminées n’existent que pour la forme. On comprend le découragement qu’inspire aux malades une pareille, désillusion. Heureusement que le mauvais temps n’est jamais de longue durée et qu’il suffit d’un rayon de soleil et d’une matinée sereine pour les réconcilier avec le pays.

Il est pourtant des précautions dont il faut s’entourer quand on n’a pas une santé à toute épreuve. Nous venons de parler du refroidissement qui se produit au coucher du soleil ; il augmente pendant la nuit et se fait sentir d’autant plus vivement que le temps est plus clair. Le refroidissement nocturne n’est pas à craindre en été ; au printemps et en automne, on peut n’en pas tenir compte ; mais, dès que la neige couvre les montagnes, il faut s’en délier et prendre des vêtemens de laine, comme le font les marins dans les pays chauds. Sous aucun prétexte on ne doit se couvrir de fourrures. Les boas et les cache-nez causent plus de coryzas et d’angines dans le Midi que partout ailleurs, à cause des variations de température. On transpire aussitôt qu’on marche au soleil, et la sueur se glace quand on s’arrête à l’ombre.

Le choix de l’habitation est une question de premier ordre. La chambre à coucher doit être exposée en plein midi, et rien ne peut permettre d’en accepter une au nord. C’est une règle au sujet de laquelle les hygiénistes sont tous d’accord. Dans une chambre mal exposée, les malades ne se rétablissent pas et les gens bien portans tombent souvent malades. Il faut éviter les maisons à plusieurs étages, à logemens multiples, tâcher de trouver un appartement dont les pièces soient parquetées, et, dont les cheminées ne fument pas par tous les temps.

Il est enfin une précaution dont il ne faut pas s’exagérer l’importance, mais dont on doit cependant tenir compte. Lorsqu’on descend dans un hôtel, comme c’est l’habitude pour les courtes villégiatures, et qu’on réside dans une station fréquentée par les phtisiques, il est bon de s’informer si la chambre qu’on vous offre n’a pas été occupée récemment par un poitrinaire, et surtout s’il n’est pas mort dans le lit qui va devenir le vôtre. Il n’est pas prudent de passer outre lorsque le propriétaire de l’hôtel vous