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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/125

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Villégiature, bains de mer et stations thermales


Parmi les changemens qui se sont produits dans nos habitudes, depuis le commencement du siècle, l’un des plus intéressans au point de vue social comme à celui de l’hygiène, c’est le goût de la villégiature, c’est le besoin de s’éloigner des villes qui s’empare de leurs habitans lorsque arrive la belle saison.

L’émigration estivale est devenue un besoin même pour les travailleurs, j’allais dire surtout pour ceux-là. Des gens de loisir qui ne savent où traîner leur ennui, il a gagné les hommes de labeur et, la mode aidant, il s’infiltre dans les couches inférieures de la société. Les fonctionnaires les plus modestes des grandes administrations, les petits employés, et jusqu’aux concierges de ces établissemens hiérarchisés, sollicitent et obtiennent le congé classique d’un mois pour aller se refaire et se reposer à la campagne.

On ne connaissait guère autrefois de vacances que dans l’enseignement et dans la magistrature : aujourd’hui toutes les professions font relâche pendant les chaleurs de l’été. S’il en est une qui ne comporte pas le chômage, c’est assurément celle des médecins et pourtant aujourd’hui, dans les grands centres de population, il n’en est guère qui ne se permette pas des vacances. Pendant les trois mois de grande chaleur, l’exode est général. C’est en vain qu’on chercherait alors à Paris les illustrations de la médecine et de la chirurgie : le service des hôpitaux est fait par des intérimaires ; il en est de même de la clientèle civile : elle est exercée par les déshérités de la profession. Ils trouvent à ce moment l’emploi qui leur fait défaut pendant le cours de l’année et viennent ù Paris faire des remplacemens.

Ce ne sont pas seulement les habitans des grandes villes qui