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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/929

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Revue littéraire – Les « Chroniques » de Froissart et les débuts de l’histoire en France


L’attention, en ces derniers temps, a été ramenée vers nos vieux chroniqueurs. On s’est occupé de donner de leur œuvre des éditions plus conformes aux manuscrits soigneusement étudiés et classés ; on a discuté la valeur de leur témoignage ; on s’est occupé de faire pénétrer jusque dans l’enseignement classique quelques morceaux choisis parmi ceux qui ont le plus de valeur au double point de vue de l’histoire et de la littérature. Pour ce qui est de Froissart, le mouvement a été donné par le grand travail d’édition qu’avait si heureusement commencé le regretté Siméon Luce. Depuis, M. Debidour lui a consacré une étude judicieuse [1] ; MM. Gaston Paris et Alfred Jeanroy ont publié des extraits accompagnés de notices et dénotes excellentes [2]. Enfin dans la collection des Grands écrivains français, Mme Mary Darmesteter vient d’écrire sur l’auteur des Chroniques et aussi du roman de Meliador des pages d’une lecture très agréable [3] : elle le suit avec une curiosité amusée à travers ses voyages et dans les cours brillantes où il a séjourné. Elle lui sait gré particulièrement d’avoir eu un si gentil esprit et une imagination si facile. Elle aime cet historien parce qu’il a été un poète ; et, comme tel, elle le traite en confrère. — C’est une occasion pour nous de reprendre l’œuvre du chanoine de Chimay, de chercher à travers ses récits comment l’histoire, se dégageant de

  1. Debidour, les Grands Chroniqueurs français (Collection des classiques populaires, 2 vol. in-8° ; Lecènec et Oudin.)
  2. 1 vol. chez Hachette.
  3. 1 vol. chez Hachette.