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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/849

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Trois maîtres d’Italie


I. PALESTRINA


Œuvres complètes de Palestrina : Breitkopf et Haertel, Leipzig. — Anthologie des maîtres religieux primitifs, publiée par M. Charles Bordes, directeur-fondateur de l’Association des chanteurs de Saint-Gervais, — Memorie storico-critiche della vita e delle opere di Giovanni Pierluigi da Palestrina, compilate da Giuseppe Baini. Roma, 1828. — Kirchenmusikalisches Jahrbuch, herausgegeben von Dr Fr. X. Haberl ; Friedrich Pustet, Regensburg ; passim.


Puissant Palestrina ! Vieux maître, vieux génie,
Je vous salue ici, père de l’harmonie ;
Car, ainsi qu’un grand fleuve où boivent les humains,
Toute cette musique a coulé de vos mains.
VICTOR HUGO.


I

En 1524 selon le témoignage déjà ancien de l’abbé Baini, en 1526 d’après les plus récentes recherches du docteur Haberl, Clément VII étant pape et Charles-Quint empereur, naquit à Palestrina, au pied des montagnes de Sabine, l’enfant qui devait faire un jour sien et célèbre à jamais le nom de sa ville natale. Il s’appelait Giovanni Pierluigi. Ses parens, Santi Pierluigi et Maria Ghismondi, étaient de petits bourgeois et possédaient un peu de bien : une maisonnette avec quelques châtaigniers, sur les pentes escarpées d’où la bourgade qui fut Préneste regarde encore les horizons romains.

Dès ses premières années, Giovanni, ou, comme on le nommait familièrement, Gianetto, aima la musique et l’étudia. « Cui