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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/727

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Etudes diplomatiques – L’alliance autrichienne (Traité de 1750)


III. L’ENTREVUE DE BABIOLE [1]


Malgré le ton hautain sur lequel étaient rédigées les notes ou plutôt les sommations que l’Angleterre avait adressées à Marie-Thérèse, l’attitude tout aussi fière prise par l’impératrice pour y répondre causait au roi George et à son cabinet plus d’inquiétude qu’ils n’en voulaient laisser paraître. Dans toutes les guerres précédemment soutenues contre la France, l’Angleterre, ne pouvant disposer que d’un très faible contingent de troupes de terre, avait toujours eu l’art de suppléer à cette infériorité par le concours d’une des grandes puissances du continent, ce qui lui permettait de consacrer toutes ses ressources au développement de ses forces maritimes. C’est grâce à cet appui prêté par des voisins jaloux de la grandeur française, que Guillaume III avait pu tenir tête à Louis XIV, que Marlborough avait pu vaincre à Malplaquet et à Ramillies, et que la puissance britannique, consacrée par le traité d’Utrecht, venait encore d’être plutôt confirmée qu’ébranlée par la paix d’Aix-la-Chapelle. Si l’Autriche persistait à lui

  1. Voyez la Revue du 15 août et du 1er septembre.