Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/683

Cette page n’a pas encore été corrigée


indubitable que ces constructions sont les restes de travaux destinés à protéger la population rassemblée autour d’elles.

En remontant vers le nord, on rencontre une chaîne de quatre anciens forts en ruines situés non loin de la rive occidentale de la Sabia, et portant les noms de Metemo, Chilondilo, Matindela et Chiburwe.

La grande ruine de Matindela vient, au point de vue de l’importance, immédiatement après celle du grand Zimbabyé, et embrasse une superficie presque aussi vaste que la grande ruine circulaire. Il se trouve sur cet emplacement trois baobabs de dimensions énormes, dont deux ont, en croissant, renversé des parties du mur, et continuent, pour ainsi dire, de pousser dans le mur même. Quelques personnes donnent à ces baobabs un âge fabuleux ; il en est qui attribuent à deux de ces arbres 5 000 ans ; mais c’est une exagération fantastique, et le directeur de Kew Gardens affirme que les deux plus grands de ces arbres ne remontent pas à plus de quelques siècles.

La partie la plus finie du mur d’enceinte a le même aspect que la partie du mur du grand Zimbabyé qui a été la plus soigneusement construite ; l’autre partie, qui correspond à la portion de ce mur plus grossièrement édifiée n’a jamais été achevée à Matindela ; la solidité de la bâtisse sur la face sud-est, les soins et les dépenses qui ont dû être consacrés à sa décoration, tandis que la face nord restait inachevée et comme négligée, toutes ces considérations ont fait croire à M. Bent que c’est plutôt un temple qu’une forteresse que les anciens résidans s’étaient proposé d’élever.

Les murs ne dépassent nulle part la hauteur de 15 pieds, et leurs assises sont loin d’être aussi régulières que celles du mur du grand Zimbabyé ; mais le trait le plus intéressant et le plus caractéristique de leur construction est la bande ornementale consistant en chevrons qui contourne l’entrée principale et se prolonge jusque dans l’intérieur de l’édifice ; le mura une épaisseur de 11 pieds 6 pouces, et au sommet sont des trous qui ont vraisemblablement servi, comme à Zimbabyé, à maintenir des monolithes.

Quelques personnes ont pensé que ces monolithes n’ont pas été érigés dans une intention purement décorative, mais qu’ils ont dû servir de soutien à une toiture. L’aspect des lieux suffit pour rendre cette hypothèse inadmissible ; en effet, on remarque que, à Matindela comme à Zimbabyé, ces monolithes ou les trous qui en marquaient l’emplacement n’existaient que sur une partie du mur, tandis que le reste du mur en était dépourvu ; il serait plus rationnel de croire que ces monolithes étaient destinés à indiquer la hauteur du soleil par l’ombre qu’ils projetaient sur le sol, et qu’ils servaient ainsi de gnomons. Il n’a été trouvé nulle