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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/671

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Les ruines monumentales en l’Afrique australe


Tandis que, dans l’Afrique méditerranéenne, de savans archéologues s’appliquaient à exhumer pour les faire revivre à nos yeux les cités, les monumens, et les œuvres d’art dont elle était jadis couverte, et qui datent en général des plus brillantes époques de la civilisation romaine, à l’autre extrémité de ce continent, d’autres savans, non moins épris des choses de l’art, nous décrivaient toute une série de monumens dont ils ont retrouvé les débris dans l’Afrique australe, et qui semblent remonter à une antiquité bien plus reculée. Les ruines de ces monumens, d’un style étrange, mais d’une structure aussi originale que puissante, bien faite pour frapper vivement l’imagination, sont disséminées sur différens points de la partie de l’Afrique australe comprise entre le Limpopo, frontière nord du Transvaal, et le Zambèze. C’est la région jadis désignée sur nos cartes sous le nom de Monomotapa ; elle porte aujourd’hui le nom de Mashonaland dans sa partie nord, et de Matabeleland dans sa partie sud, du nom des peuplades qui l’habitent.

Sous l’énergique impulsion de sir Cecil Rhodes, — premier ministre de la colonie du Cap, et fondateur de la célèbre compagnie de mines de diamans de De Beers — l’Angleterre, sans s’arrêter aux impuissantes protestations du Portugal, a, depuis quelques années, étendu sa main sur cette contrée privilégiée entre