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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/487

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Budget de 1895 – Libéraux et socialistes


Les historiens futurs de la discussion du budget pendant la session ordinaire de 1894 auront bien de la peine à démêler la confusion au milieu de laquelle se sont agités, sans avoir pu aboutir, le ministère d’abord, la commission du budget ensuite, — et avec elle les diverses commissions parlementaires de réforme des impôts, — et enfin la commission extra-parlementaire de l’impôt sur le revenu, présidée, inspirée et dirigée par le ministre des finances lui-même.

La première raison de cette confusion c’est que personne ne se soucie d’avoir de principes, et que le soin d’améliorer les impôts, de réaliser l’équilibre et de fonder un budget définitif est laissé à cette catégorie spéciale de financiers qu’on pourrait appeler les inventeurs. On compte sur l’imagination des chercheurs plus que sur les leçons de l’expérience et que sur la critique scientifique des faits économiques.

Ceux qui jusqu’à présent prétendaient avoir le plus de principes — nous voulons parler des socialistes — s’emploient avec préméditation à les obscurcir, afin de recruter plus aisément les adhérens dont ils ont besoin en dehors des villes, parmi les travailleurs des champs et les petits propriétaires.

Les républicains libéraux, qui ont certainement plus de principes que les socialistes, et de plus sûrs et de plus scientifiques, se laissent aller au facile métier de la critique, et renoncent le plus souvent à produire ceux dont ils devraient être fiers