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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/418

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plus tard nous verrons Mohammed-ou-Hammou confirmer cette même alliance dans une visite au camp impérial ; il deviendra un des trois grands vassaux, instrumens puissans de la politique intérieure chérifienne, et quelque temps avant la mort de Moulaï-el-Hassan cette union sera même si intime qu’il donnera une de ses filles à son souverain.

Au cours de l’expédition de 4883, grâce à l’établissement d’alliances religieuses, le makhzen put pénétrer dans la région dite Bibane où un des ancêtres de Sa Majesté Chérifienne avait subi une complète défaite et laissé même son campement aux mains des rebelles. L’armée de Moulaï-el-Hassan rencontra de grandes difficultés dans les régions où l’action politique préparatoire n’avait pu s’exercer : la tribu des Beraksa notamment, fraction des Smala, dédaignant de se retirer à l’approche des troupes et se refusant à payer aucun impôt, poussa l’audace jusqu’à les attendre de pied ferme. La kasbah ou forteresse des rebelles fut attaquée, mais ne fut emportée qu’après des pertes considérables ; finalement, force resta au makhzen, les constructions furent rasées, les hommes emmenés la chaîne au cou et les femmes livrées à l’armée tandis que les moissons et les plantations étaient saccagées. C’est ainsi également que l’on opéra contre la zaouia ou couvent des Oulad-Sidi-Bou-Amrane, demeure des chérifs du même nom, qui possèdent une grande influence chez les Beni-Khirane et les Oulad-Bou-Râdi. Ces personnages religieux s’étaient refusés à adopter la politique du sultan.

Moulaï-el-Hassan pénétra ensuite sur le territoire des Zaeres, région déjà parcourue à maintes reprises, notamment en 1881, mais où la sédition est constante. Ces populations venaient à nouveau infester les environs de la ville de Rabat, coupant les communications et rendant intenables les abords de la place. Les Zaeres, à l’approche des troupes chérifiennes, vidèrent le pays, et on dut se borner en guise de répression à piller et à détruire ce qu’avait laissé derrière elle cette tribu insaisissable. Quand on entra à Meknas en octobre 1883, la campagne avait duré quatre mois et l’effectif n’avait pas dépassé cinq ou six mille hommes ; mais la totalité des contingens fournis successivement par les tribus soumises, et composés pour la plus grande partie de cavaliers, avait atteint quinze à seize mille fusils.

Moulaï-el-Hassan demeura à Meknas jusqu’en automne 1884. Enfermé dans son palais, il y fut malade d’une fièvre typhoïde qui faillit l’emporter. Ce fut même miracle s’il ne succomba point, car les médecins arabes, ou plutôt les empiriques qui le soignaient alors, lui ordonnèrent quelques-uns de leurs remèdes