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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/936

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Tandis que les véritables amateurs estiment qu’il n’y aura jamais assez de beaux livres d’art d’une exécution aussi parfaite que ceux qui ont paru dans ces dernières années, ce sont les plus importantes maisons d’édition qui semblent se lasser de faire du nouveau, et de mettre au jour quelques-unes de ces splendides publications pareilles à celles auxquelles leur nom demeurera attaché. Mais si les ouvrages qui traitent des nombreuses manifestations de l’idéal et de son expression la plus pure, de tout ce que l’architecture, la peinture, la statuaire, la poésie, l’imagination enfin sous toutes ses formes les plus diverses ont su déployer de richesses ou de fictions pour le plaisir des yeux et pour le charme de l’existence, si toutes ces œuvres sont devenues aujourd’hui moins soignées et moins abondantes qu’en ces dix ou quinze dernières années où leur luxe ne pouvait être dépassé, en revanche les ouvrages d’information, d’histoire ancienne ou moderne, de voyages d’exploration et de science, où se déploient toutes les ressources d’un temps fertile en inventions multiples et si variées dans leur originalité, tous ces livres pratiques se multiplient et sont maintenant répandus jusque chez les éditeurs les plus modestes, qui, à leur tour, tiennent à honneur de prendre part à ce tournoi d’un nouveau genre, et que l’on ne saurait trop encourager, puisque cette émulation contribue à augmenter la somme des connaissances générales indispensables et à les faire pénétrer jusque dans les classes les moins privilégiées.

Que tous les éditeurs ne réussissent pas également dans cette tâche, cela n’est point douteux. Il est donc plus que jamais nécessaire de faire un choix et d’indiquer dans cette production plus ou moins saine des livres de l’année courante ceux qui paraissent dignes de recevoir un bon accueil, qui peuvent être lus et dont quelques-uns même peuvent être conservés.

Parmi les ouvrages qui ont exercé l’influence la plus profonde sur