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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/894

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Lorsque les Etats-Unis, émancipés de la tutelle de l’Angleterre, eurent installé en 1789 leur nouveau gouvernement fédératif, — Président, Sénat, Chambre des représentons, Cour suprême, — ils songèrent à se donner une capitale.

Sous la première Confédération, qui avait duré de 1781 à 1789, les petites républiques, très jalouses les unes des autres, n’avaient eu souci de donner à leur faible gouvernement commun un siège permanent. Le Congrès continental erra donc de ville en ville, avec ses chefs de service, habitant tour à tour New-York, puis Philadelphie, d’où il fut un jour chassé par une poignée de mutins, puis Trenton dans le New-Jersey et Annapolis dans le Maryland, retournant de là à New-York, où s’écoulèrent ses derniers jours.

La nouvelle république ne pouvait s’accommoder d’un pareil régime. Les délégués des Etats, membres de la Convention de Philadelphie et auteurs collectifs de la Constitution, décidèrent que le gouvernement fédéral, cessant d’être ambulant, serait établi dans une capitale fixe, indépendante de toute juridiction locale.

Choisirait-on une des villes existantes, Boston, New-York, Philadelphie, Baltimore ? ou créerait-on de toutes pièces une ville nouvelle ? Boston était bien excentrique pour les Caroliniens, et de même Charleston pour les gens de la Nouvelle-Angleterre.