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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/726

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décret institue seulement une commission chargée de préparer de nouveaux arrangemens. La déconvenue a été grande. Les obligations 3 pour 100 des Chemins de fer, qui avaient été portées à 115 francs, ont reculé à 90 et finissent à 95. Il ne faut pas toutefois désespérer de voir, après tant de retards, s’approcher la solution. La Commission nommée par le décret royal paraît décidée à faire une bonne et prompte besogne. Elle a, entre autres tâches à remplir, celle de rédiger le projet d’accord avec les créanciers, qui doit être présenté au tribunal.

Les valeurs turques sont restées en grande faveur. La rente 4 pour 100 a été portée à 22,40, la Banque ottomane à 490, l’obligation de priorité à 465, la Douane est arrêtée au pair par la crainte d’une conversion. Les achats se portent plutôt maintenant sur la Consolidée 4 pour 100 qui vaut 415 francs et est remboursable à 500. Les actions des Tabacs ont monté de 395 à 410 francs. Le conseil d’administration de la dette publique ottomane a publié le compte rendu de ses opérations pour l’exercice 1892-93. Cet exercice a été excellent, la progression du rendement des revenus concédés s’est encore accentuée.

Les fonds argentins ont bénéficié, à Londres surtout, où est leur marché principal, de l’impression favorable produite par l’exposé financier fait en octobre au congrès de Buenos-Ayres par le ministre des finances, M. Terry. Les vues suggérées par ce document pour la restauration du crédit de la République paraissent judicieuses et pratiques, notamment pour le retrait graduel du papier-monnaie, la réorganisation des banques et l’économie générale du budget. Mais les circonstances permettront-elles à M. Terry de réaliser son programme ? Il a réclamé du Congrès un arrangement à bref délai pour les garanties concédées aux chemins de fer. Les obligataires des deux compagnies françaises des chemins Argentins et de Santa-Fé verraient avec plaisir cette recommandation aboutir à un accord acceptable ; leurs titres vaudraient peut-être alors un peu mieux que les cours actuels, 115 et 102.

Le Crédit Foncier s’est avancé de 1015 à 1045. Depuis le début de la campagne de hausse sur ce titre, la poussée a atteint 65 francs, le dernier cours de compensation ayant été 1080 environ. La Banque de Paris a été portée de 627,50 à 641,25, le Comptoir National d’Escompte de 485 à 495 francs. La Compagnie transatlantique s’est traitée en forte reprise de 472,50 à 500. Les actions et obligations des Chemins espagnols sont restées au niveau le plus bas ; les Chemins Méridionaux ont été soutenus assez péniblement à 535.


Le Secrétaire de la rédaction, gérant, J. BERTRAND.