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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/695

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M. Geffcken est moins connu en France par ses livres, qui méritent pourtant d’être lus, que par les ennuis qu’il s’attira naguère en publiant après la mort de l’empereur Frédéric III, dont il avait été le confident et l’ami, quelques fragmens des mémoires de ce souverain d’un jour. M. de Bismarck, qui l’aimait peu, trouva l’occasion bonne pour appesantir sur lui sa redoutable main. Guillaume II se chargea de venger cet indiscret ; mais quelque plaisir qu’ait éprouvé M. Geffcken en voyant tomber l’homme puissant et vindicatif dont il avait à se plaindre, il a su se rendre maître de sa joie, il s’est montré bon prince. L’empereur Napoléon III disait un jour à un diplomate : « Un homme d’État est comme une colonne ; tant qu’elle est debout, personne ne peut mesurer sa taille ; du moment qu’elle est à terre, le premier venu prend sa mesure. » M. Geffcken n’avait pas attendu que M. de Bismarck fût déchu de ses grandeurs pour le critiquer et le juger librement ; après sa chute, il a rendu plus d’une fois justice à son génie politique. Il estime cependant que ce grand homme avait de grands défauts et avait commis