Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/691

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


PARFUM DE NYX


LE PAVOT


Ô Vénérable ! Oubli des longs jours anxieux,
Immortelle an front bien, ceinte de sombres voiles,
Qui mènes lentement, dans le calme des cieux,
Tes noirs chevaux liés an char silencieux,
          Par la route d’or des étoiles !

Source des voluptés et des songes charmans,
Ô Nyx ! mère d’Hypnos aux languissantes ailes,
Toi qui berces le monde entre tes bras clémens,
Tandis que mille éclairs, de momens en momens,
          Allument tes mille prunelles,

Entends-nous, Bienheureuse ! Et puisses-tu, sans fin,
Et pour jamais, avec nos stériles chimères
Et l’antique Kosmos, hélas ! où tout est vain,
Envelopper des plis de ton péplos divin
          Vivans et Choses éphémères !



PARFUM DES NÉRÉIDES


L’ENCENS


Sous les nappes d’azur de la mer d’Ionie
Qui soupire au matin sa chanson infinie,
Quand le premier rayon du ciel oriental
Étincelle en glissant sur l’onduleux cristal,
Puissions-nous contempler, ô chères Nèréides,
Vos longs yeux d’émeraude et vos beaux corps fluides !

De vos grottes de nacre aux changeantes couleurs
Où le rose corail épanouit, ses fleurs,
Des berceaux d’algue verte aimés des Dieux Tritones,
Des mobiles vallons parsemés d’anémones,
Des profondeurs où luit sur le sable vermeil
L’opaline clarté d’un magique soleil,