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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/688

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PARFUM DE HÈLIOS-APOLLON


L’HÉLIOTROPE


Radieuse Splendeur qui naquis la première !
Inévitable Archer, Titan, Porte-lumière,
Tueur du vieux Pythôn dans le Marais impur,
Entends, exauce-nous. Œil ardent de l’azur,
Roi des riches saisons, des siècles et des races !

Éternel voyageur aux flamboyantes traces,
Qui, joyeux, les cheveux épars, et jamais las.
De l’Orient barbare aux monts de la Hellas,
Loin du rose horizon où souriait l’aurore
Éveillant les cités, les bois, la mer sonore,
Pousses tes étalons hennissans et cabrés
Et franchis bonds par bonds l’orbe des cieux sacrés ;
Puis qui, debout, brûlant à leur plus haute cime,
Baignes tout l’univers d’un seul regard sublime ;
Ô le plus beau des Dieux en qui coule l’Ikhôr,
Entends-nous, Kithariste armé du plectre d’or !

Harmonieux Amant des neuf Muses divines.
Embrase-nous du feu dont tu les illumines,
Afin que nous, mortels, qui ne vivons qu’un jour,
Nous chantions consumés de leur unique amour !



PARFUM DE SÈLÉNÈ


LE MYRTE


Ô Divine, salut ! Viens à nous qui t’aimons !
Descends d’un pied léger, par la pente des monts,
Au fond des bois touffus pleins de soupirs magiques ;
Sur la source qui dort penche ton front charmant,
Et baigne son cristal du doux rayonnement
          De tes beaux yeux mélancoliques.