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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/550

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préoccupent surtout de l’amélioration matérielle. Les premières sont des sociétés d’artisans ou d’ouvriers ayant pour objet l’instruction mutuelle, l’achat de bibliothèques, la création de cours.

Quant aux sociétés populaires qui ont surtout en vue l’amélioration de la situation matérielle de leurs membres, Schulze les classe en deux grandes catégories comprenant chacune plusieurs subdivisions : 1° les sociétés qui visent directement à rendre plus faciles et plus considérables les gains de chacun des associés, à leur faciliter l’économie et à faire fructifier celle-ci, sans rien changer à leur genre d’activité et à leur procédé de travail. Les membres ne s’associent alors que pour obtenir les conditions préliminaires d’une exploitation individuelle plus rémunératrice, d’un ménage plus aisé, continuant à diriger l’une et l’autre comme auparavant. A cette catégorie d’associations se rattachent les quatre variétés suivantes : a, les sociétés d’avances, de prêts, de crédit, de banques populaires ; b, les sociétés pour achat de matières premières par les artisans d’une même industrie ; c, les sociétés de consommation ; d, les sociétés de secours et d’assistance pour maladie, etc. Tous ces groupemens aident l’individu dans le genre d’activité qui est le sien, sans rien modifier de cette activité.

La seconde grande catégorie des associations se proposant l’amélioration de la situation matérielle de la classe inférieure et moyenne embrasse les sociétés dont les membres se réunissent pour l’exploitation collective d’une industrie, et où chacun abandonne, soit totalement, soit sous certains rapports, la position isolée qu’il occupait précédemment. Cette seconde catégorie comprend comme variétés principales : a, les sociétés de magasinage ou de vente en commun, les installations où chaque associé expose les produits fabriqués dans son atelier et où ils sont vendus pour son compte personnel ; b. les associations fondées pour l’exploitation collective d’une industrie.

Schulze-Delitzsch déclare celles-ci très difficiles et même les sociétés de consommation peu aisées ; sur ce dernier point, il exagère.

S’étant occupé particulièrement des sociétés d’avances ou de crédit et des sociétés pour achat de matières premières, Schulze a tracé des règles très précises en ce qui les concerne, notamment les sociétés de crédit populaire. Suivant lui : 1° pour obtenir des avances, il faut être membre et soutien de l’entreprise ; 2° il convient d’y fournir un concours intellectuel aussi bien que matériel ; 3° les fonds nécessaires aux affaires sociales doivent se former des versemens au comptant faits par les membres, de cotisations à échéance fixe, de prélèvemens sur les bénéfices ; on