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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/242

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bourse des contribuables, le Parlement a pris l’initiative du gaspillage. On a prodigué les travaux publics pour donner de l’ouvrage aux ouvriers, — qui sont déjà les mieux payés de l’univers, — et l’on n’ose pas les interrompre. On a voulu peupler l’intérieur du pays, et en même temps créer artificiellement des industries nouvelles, à l’aide de la protection, sans s’apercevoir que les deux choses étaient en contradiction et en conflit.

Les particuliers ont suivi le mouvement. Favorisées par la facilité excessive avec laquelle l’Europe amis ses capitaux à la disposition des pays éloignés, les compagnies locales ont créé des chemins de fer dont les recettes ne couvrent ni l’intérêt du capital ni les frais d’exploitation, La colonie de Victoria et, dans une moindre mesure, celle de la Nouvelle-Galles du Sud, ont été le théâtre d’une spéculation effrénée, qui s’est portée de préférence sur les terrains, et a pris la forme de banques hypothécaires, dont un grand nombre ont déjà disparu dans des kracks retentissans.

Les pertes que le commerce a subies l’ont frappé d’une décadence dont le contre-coup a été ressenti par les douanes, c’est-à-dire par les finances publiques. Aujourd’hui les économies s’imposent ; les vaches maigres remplacent les vaches grasses ; à Melbourne l’émigration succède à l’immigration, et le comte de Hopetoun, gouverneur de Victoria, s’efforce, d’accord avec les Chambres, de réaliser un programme qui aura pour but de rétablir l’équilibre. Il faudra augmenter les impôts existans et en créer un nouveau, sur le revenu, au moment où les revenus paraissent justement fort compromis. L’Australie doit s’apercevoir que les folies économiques finissent tôt ou tard par se payer et qu’elles coûtent cher.

Vte G. d’Avenel.





LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE




Malgré l’éclat des fêtes franco-russes, l’excellente attitude de la population pendant toutes les étapes de la réception, et la consécration nouvelle donnée à l’entente entre les deux pays par la visite des grands-ducs et le télégramme du Tsar, les marchés financiers européens ont été plus maussades et moins enclins à la hausse pendant la seconde moitié d’octobre que durant la première quinzaine. Les difficultés du change se sont aggravées en Italie et en Espagne. La déroute de la rente italienne cause de grandes pertes dans la péninsule et à Berlin. Les porteurs de fonds espagnols s’inquiètent à bon droit de l’importance que prend l’affaire de Melilla. A Vienne les propositions