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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/937

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Souvenirs sur Pouchkine, Gogol, Tourguenef. — L’article du comte Tolstoï sur la science et le travail. — Ce que lisent les paysans russes. — Une lettre d’Alexandre Herzen.


I

Le Sievernyi Viestnik (Messager du Nord) publie, depuis six mois, les souvenirs inédits de Mme Smirnof. Impatiemment attendue, cette publication ne pouvait manquer d’être, dans le monde littéraire russe, un événement considérable.

Mme Alexandra-Osipovna Smirnof n’avait pas seulement pour elle, en effet, d’avoir été pendant vingt ans la plus jolie femme de Saint-Pétersbourg. Jolie, elle parait l’avoir été infiniment, et séduisante et gracieuse, avec sa fine taille, sa légère démarche de Parisienne, avec son beau visage sombre de princesse d’Orient, et ces grands yeux brûlans dont tous les poètes russes, Pouchkine, Lermontof, Toutchef, Chomiakof, ont célébré l’éclat. Mais c’était encore une femme très