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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/860

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L’extrême midi seul reçoit des pluies abondantes : à Perpignan, on observe 49 millimètres en mars et 38 en avril.

Aux environs de Paris la sécheresse persiste pendant les premiers jours de mai, enfin la pluie arrive le 7 ; elle s’accompagne d’orages le 9 et le 10, elle reprend sérieusement le 16 et surtout le 21.

La longue période pendant laquelle le temps était resté chaud et sec était enfin terminée. Jamais on n’avait observé une sécheresse aussi prolongée ; en 1880, 27 jours, du 4 au 31 mars, et en 1887, 30 jours consécutifs s’étaient écoulés sans pluie ; en 1893, la sécheresse a duré 66 jours consécutifs ; c’est un fait sans exemple sous notre climat parisien.

Pendant ces deux mois, les bourrasques ont passé tantôt au nord des îles britanniques, tantôt dans le bassin de la Méditerranée ; les pluies n’ont été abondantes d’une part que dans la Baltique, de l’autre qu’en Espagne, en Algérie et dans la péninsule des Balkans.

L’énorme déficit que laissaient les deux mois précédens n’a pas été comblé pendant le mois de mai, bien que la pluie ait été abondante presque partout. Au parc Saint-Maur on recueille 46 millimètres, 41mm,8 à Grignon ; la pluie est générale dans le Pas-de-Calais, à Arras elle s’élève à 50mm,7 ; à, 37mm,6 à Amiens ; à Saint-Quentin on ne recueille que 23mm,5. Dans l’est, on mesure 39mm,3 à Nancy, 57mm,9 dans une autre station de Meurthe-et-Moselle ; 32mm,2 dans la Haute-Marne ; dans le centre la pluie est irrégulière : 25mm,3 dans l’Allier, 52 millimètres à Auxerre ; 80 millimètres et 68mm,2 dans la Limagne, 62 millimètres à Limoges ; dans l’ouest 31mm,5 à Évreux, 24mm,6 à Chartres, 55mm,2 à Rennes ; 36mm,9 seulement à Bordeaux ; enfin 78mm,8 et 92 millimètres dans l’Isère, 76mm,6 dans la Lozère, 47 millimètres à Montpellier, 98mm,9 à Toulouse.

Ces pluies tardives furent très utiles, mais la sécheresse excessive de mars et d’avril avait déjà exercé sur les récoltes des influences néfastes qu’il nous faut examiner.


II

L’avoine se sème dans la région moyenne de la France au mois de mars ; à ce moment-là le sol était encore humide, et la levée eut lieu, mais la plante saisie par la sécheresse ne fit que peu de progrès ; en outre, sous le climat changeant de la partie septentrionale de notre pays, quelques plantes de grande culture sensibles à la gelée ne sont semées que tardivement. Parmi elles, se placent en première ligne les betteraves sur lesquelles roule un énorme