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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/858

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janvier, il était presque partout en bon état ; c’est seulement en mars que les anomalies apparaissent.

Au parc Saint-Maur, la température moyenne est de 9°, 10, dépassant de plus de 3 degrés la température habituelle ; depuis treize ans, c’est-à-dire depuis 1880, on n’avait pas observé en mars une température aussi élevée : cette anomalie n’est pas particulière aux environs de Paris ; on calcule, à Arras, pour la moyenne du mois, 7°,5 ; à Chartres, 9°,5.

Ce qui donne au mois de mars 1893 un caractère très particulier, c’est la rareté de la pluie ; au parc Saint-Maur, on recueille seulement 9mm, 6 ; c’est 26 millimètres de moins que la moyenne. A Grignon, en Seine-et-Oise, 9mm, 5 ; dans l’Orne, la pluie est insignifiante ; à Evreux, on recueille seulement 18 millimètres ; à Chartres, 6 millimètres, comme dans l’Yonne ; dans l’Allier (à Moulins, 10 millimètres ; un des pluviomètres des usines de Bourdon, dans la Limagne, donne 16 millimètres, l’autre 23mm,3, au lieu de 50 et 60 millimètres constatés l’an dernier ; dans la Somme, on recueille 3mm, 5 ; dans la Haute-Marne, la hauteur de pluie est seulement de 7mTn, â ; elle se relève dans Meurthe-et-Moselle, où elle atteint 23 millimètres et 26mm,8 dans la Haute-Saône ; dans l’Isère, qui est un pays pluvieux, on observe à une des stations 16mm,9, et 36mm,8 dans une autre ; 23 millimètres dans la Lozère ; à Montpellier, on ne recueille que 3mm,5, et dans la Haute-Garonne, la sécheresse est presque complète.

La végétation se ressent de l’élévation de température : les arbres fruitiers fleurissent, et les oiseaux migrateurs se dirigent vers le Nord.

Bien qu’aux environs de Paris la sécheresse du mois de mars ait été exceptionnelle, on trouve cependant, en relevant d’anciennes observations, des mois de mars encore plus secs que celui de 1893. En 1807, en 1844, en 1874, en 1883, la pluie ne s’était pas élevée au-delà de 9 millimètres ; en 1880, il n’est même tombé que 5mm,7 d’eau et 2 millimètres en 1854 ; quoi qu’il en soit, comme en février la pluie avait été abondante, on abordait le mois d’avril avec une avance d’humidité suffisante pour qu’on n’eût encore aucune inquiétude.

Malheureusement, avec le mois d’avril, la saison prend un caractère tout à fait anormal ; l’air est d’une transparence inaccoutumée, le temps est magnifique ; au parc Saint-Maur, la moyenne thermométrique du mois atteint 13°, 8, dépassant la normale de 4°, 26, et en laissant de côté l’année 1865, il faut remonter à plus d’un siècle pour retrouver un mois d’avril aussi chaud. Depuis 1757, il n’y a, en effet, que le mois d’avril 1865 qui surpasse celui de 1893. Le maximum de 28 degrés constaté au parc Saint-Maur cette année