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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/856

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La statistique agricole de 1882, la dernière que nous possédions, porte à 49 millions et demi le nombre des animaux domestiques entretenus sur notre territoire, leur valeur représente environ 6 milliards de francs. Ces animaux se nourrissent des fourrages que produisent les prairies naturelles sèches ou irriguées et les prés de montagne qui couvrent ensemble 6 millions d’hectares ; ils reçoivent en outre les produits des 3 millions d’hectares consacrés aux prairies artificielles ; ils consomment enfin des racines, des tubercules et les résidus variés qu’abandonnent à la ferme nombre d’industries agricoles.

L’abondance de la production fourragère est étroitement liée aux conditions atmosphériques ; or, non-seulement le printemps de 1893 a été marqué par une sécheresse dont on ne connaît aucun autre exemple dans notre pays, mais, en outre, à la fin de l’été, un soleil implacable est venu ruiner les espérances qu’avaient fait concevoir les pluies de juin et de juillet. Il m’a paru intéressant de préciser les conditions exceptionnelles que nous avons traversées, d’indiquer quelles influences désastreuses elles ont exercées sur nos cultures, d’exposer enfin les efforts qui ont été faits, pour diminuer les pertes énormes que la sécheresse impose à notre élevage