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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/66

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III. PROVINCES DU SUD. [1]


Pour exciter les chevaux, les Norvégiens imitent le bruit d’un baiser, les Arabes roulent les r, les cochers napolitains ont l’air d’aboyer : « Ouah ! ouah ! » Et les chevaux comprennent toujours. Ils sont, d’ailleurs, très nombreux à Naples, très rapides et d’un entretien peu coûteux. C’est la première dépense, le luxe de toute nécessité de la famille qui veut avoir ou garder un rang. Les plus ruinés n’en sont pas dispensés. Qu’ils économisent sur la table ; qu’ils ne reçoivent jamais à dîner ; qu’ils se contentent eux-mêmes du plus maigre ordinaire : mais qu’ils aient leur équipage à cinq heures, sur la via Caracciolo ! Il est vrai qu’on peut louer une calèche à deux chevaux, avec l’homme, pour 300 francs par mois.

Le second luxe imposé par l’usage est une loge à San-Carlo. On joue trois fois la semaine, et il y a trois séries : tornata A, tornata B, tornata C. La première est la plus recherchée. Mon voisin, le baron, ne voudrait pour rien au monde se soustraire à ce double

  1. Voyez la Revue du 1er juillet et du 1er août.