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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/658

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C’est un curieux contraste que celui des origines des généraux de la Révolution et de l’Empire ; à côté des Berthier, des Marmont, des Macdonald, que leur éducation avait préparés au commandement, on voit les physionomies héroïques, mais quelque peu brutales, des Ney, des Murat, des Augereau et de tant d’autres pour lesquels la bravoure fut presque toujours, à vrai dire, le dernier mot de la stratégie. C’est des uns et des autres à la fois que tint le général baron Thiébault ; un autre trait le distingue et ajoute à sa physionomie une originalité particulière. Ce volontaire de 1792, qui, parti comme simple grenadier, devait, après Iéna et Auerstaedt, commander au nom de Napoléon les places de Hambourg et de Lubeck, naquit à Berlin à la cour de Frédéric II, et il y fut élevé.

Son père, Dieudonné Thiébault, élève des jésuites, comme Voltaire, dont il semble avoir hérité le goût pour le grand Frédéric, avait été, son noviciat terminé, chargé par ses maîtres de professer les humanités dans plusieurs collèges de la Lorraine. Aussitôt la ruine de la célèbre compagnie consommée, dès 1762, il était rentré dans le monde ; il y était même si bien rentré que ce