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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/594

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bisontine. Installé sur un petit mamelon, à 306 mètres d’altitude moyenne, loin de toute voie ferrée, à quatre kilomètres de Besançon, il est à la fois astronomique, chronométrique, météorologique. On n’y compte pas moins de douze constructions, toutes isolées les unes des autres, placées symétriquement par rapport au méridien ; ce sont : la glacière, le pavillon de l’équatorial coudé, le pavillon de la grande méridienne, le pavillon de la bibliothèque, la cabane météorologique, la coupole de l’altazimut, la tourelle de l’anémoscope, la coupole de la lunette photographique, la coupole de l’équatorial droit, le pavillon d’habitation du directeur et le pavillon d’habitation des aides et du concierge. Il est largement pourvu sous le rapport de l’outillage, et sa bibliothèque renferme deux mille ouvrages techniques. Le service chronométrique, institué le 5 août 1885, a pour objet d’envoyer chaque jour l’heure aux horlogers, de recevoir en dépôt et de suivre les montres de la fabrique, de délivrer, s’il y a lieu, des bulletins de marche. Un concours annuel est ouvert entre les déposans qui sont actuellement au nombre de 64 : quatre concours ont déjà eu lieu et 101 chronomètres de poche y ont pris part : 4 ont mérité un deuxième prix, 12 un troisième prix, 21 une mention honorable, 23 une mention simple ; le prix des 5 meilleurs chronomètres n’a été décerné qu’une seule fois, et MM. Fernier frères l’ont obtenu au concours de 1888. La proportion des bulletins délivrés de 1886 à 1887 a augmenté de 60 à 75 pour 100, celle des mentions très satisfaisant de 31 à 70 pour 100. Au 20 avril 1892, le nombre des chronomètres déposés atteignait le chiffre de 1,482. Bulletins de marche et courriers contribuent singulièrement à stimuler l’élan de nos fabricans vers la perfection et cette âpre poursuite du succès qui est aussi une des formes de l’idéal, l’idéal industriel.


XVI. — MÉTALLURGIE, MINES, HOUILLÈRES, VERRERIES, SALINES.


Les mines de la Comté connurent une période de prospérité vers la fin du XVe siècle, au commencement du XVIe, et, lorsqu’elles furent d’empire, Charles-Quint autorisa l’exploitation des filons pour les monnaies : les plus importantes, celles du bailliage de Lure, de Plancher, produisaient de l’argent, de l’antimoine et du plomb, même du cristal ; celle de Cremilliot, par exemple, fournissait 25 livres d’argent au quintal et 40 de plomb. Mais, par la faute des hommes ou de la nature, cette industrie se heurtait à une foule d’obstacles : prohibitions aux entrepreneurs de se servir d’ouvriers hérétiques qu’on tolère parfois à défaut des gens du pays, chômages continuels prescrits par les ordonnances, pestes et guerres, prétentions exorbitantes des princes abbés de Lure