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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/515

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I

Par le traité de Sainte-Menehould, Marie de Médicis s’était engagée à convoquer les États-Généraux, pour le 25 août 1614 au plus tard, dans la ville de Sens. La reine et ses ministres, sentant l’importance de la partie qui se jouait, avaient habilement préparé les élections. Les gouverneurs de province, les grands seigneurs fidèles, les évêques avaient reçu l’ordre de veiller à ce qu’on ne nommât que des députés dévoués non-seulement à la royauté, mais au gouvernement de la régente. En beaucoup de bailliages, la liste des candidats était arrivée toute dressée de la cour. Dès qu’on fut assuré que la majorité des députés était royaliste, on renonça à la précaution qu’on avait prise en indiquant Sens comme lieu de réunion de l’assemblée et on décida qu’elle se tiendrait à Paris. La date était fixée définitivement au 13 octobre.

Vers cette époque, les députés arrivèrent un à un de leur province, non sans se plaindre des fraîcheurs de l’automne et de l’incommodité de la saison. On dut attendre les retardataires. La majorité du roi fut déclarée en séance solennelle du parlement, le 2 octobre. Les députés présens à Paris assistèrent à la cérémonie. On arrêta, enfin, au 26 octobre la date de la procession des trois ordres et de la messe solennelle qui, selon la coutume, devait précéder l’ouverture des États.

Les députés étaient convoqués pour huit heures du matin au cloître du couvent des Augustins, dont les vastes constructions gothiques s’élevaient sur la rive gauche de la Seine, un peu en amont du Pont-Neuf. Le roi et la cour arrivèrent, en grande cohue, sur