Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/436

Cette page n’a pas encore été corrigée


Les colonies nouvelles ont fait depuis vingt ans un peu de tort aux anciennes, dans les préoccupations et les préférences de l’opinion. A l’attrait de l’inconnu, des choses encore ignorées, s’ajoutait le prestige des actions d’éclat. On s’est battu, l’on se bat encore et l’on se battra longtemps au Tonkin et au Soudan, sans parler du Dahomey. Notre jeune armée, impatiente de faire ses preuves, y a paru digne des vieilles troupes que l’organisation militaire moderne ne verra plus. D’un autre côté, l’esprit de parti, habile à profiter des fautes et quelquefois des malheurs, s’est attaqué à la politique coloniale de la république comme au thème le plus favorable aux polémiques, aux interpellations et aux crises ministérielles. Que de paroles ignorantes, de sottises, d’accusations injustes, de censures plus ou moins motivées, n’avons-nous pas entendues ! Où d’autres peuples, persévérans dans les longs desseins de leur grandeur et de leur prospérité, savent se montrer historiquement unis en dépit des dissensions infimes des factions, on a vu les Français saisir l’occasion de se décrier eux-mêmes, et calomnier à la fois leurs institutions et leur génie. La chronique parlementaire de ce temps laissera peu de chose à inventer à nos rivaux et à nos détracteurs dans le jugement passionné de l’expansion de la patrie française et des hommes d’État dont le robuste courage, se refusant aux abdications et aux déchéances, rêva pour