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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/276

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LA CONSPIRATION MALET [1].

Cependant, toutes les correspondances particulières qui arrivaient de l’armée augmentaient l’impression, si vive déjà, que l’on

  1. Nous empruntons ce fragment d’histoire, — et presque d’autobiographie, pourrait-on dire, — au second volume des Mémoires du Chancelier Pasquier, qui paraîtra dans quelques semaines à la librairie Pion. — Dans les pages qui précèdent, le chancelier, qui n’était pas alors chancelier, mais préfet de police, vient de retracera grands traits l’espèce d’inquiétude, avant-courrière d’un désastre épique, avec laquelle on suivait de Paris les péripéties de la campagne de Russie. La nouvelle de la bataille de la Moskowa, bien loin de remettre le calme dans les esprits, avait plutôt redoublé l’anxiété générale. On n’ignorait pas « que la victoire n’avait pu être achetée qu’au prix des plus grands, des plus douloureux sacrifices. » On se répétait que, depuis que Napoléon avait passé le Niémen, « sa belle cavalerie, » forte au départ « de quatre-vingt-dix mille hommes » n’en comptait plus qu’à peine « vingt-cinq mille de montés. » Enfin, on n’allait pas tarder à savoir que l’incendie de Moscou, eu anéantissant « une grande partie des ressources qui s’y devaient trouver, » avait détruit les dernières espérances de l’empereur. C’est dans ces circonstances qu’éclata la conspiration Malet, sur laquelle on a déjà beaucoup écrit, et des choses fort intéressantes (voyez dans la Revue du 1er février 1879, notamment, une étude d’Albert Duruy, la Conspiration du général Malet), mais rien, et pour cause, dont la véracité soit comparable à celle du récit du chancelier Pasquier.