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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/41

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PROSPER MÉRIMÉE


D’APRÈS


DES SOUVENIRS PERSONNELS ET DES DOCUMENS INÉDITS


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II[1].
MÉRIMÉE ACADÉMICIEN. — LA RÉVOLUTION DE 1848.


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I.


L’accès de dandysme que j’ai signalé chez Mérimée dure, dans son acuité, de 1829 à 1833. La mondanité qui gâte certaines pages de la Double méprise et une bonne moitié du Vase étrusque disparaît peu à peu ; l’originalité vraie se remontre et le talent se relève, dès 1834, dans les Âmes du Purgatoire. C’est, sous une forme à demi moderne, tantôt railleuse et tantôt sombre, l’histoire de D. Juan de Maraña, l’une des deux légendes qui sont comme les affluens d’où ce puissant courant s’est formé. La couleur espagnole a, cette fois encore, bien servi Mérimée, et son scepticisme s’est gardé d’intervenir dans la scène de la conversion où don Juan assiste à ses propres funérailles, non plus qu’en ce soudain et dernier jet de passion qui lui fait commettre encore un homicide sous le saint habit du pénitent. Il a respecté, rendu sans sourire le

  1. Voyez la Revue du 1er avril.