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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/343

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LA
FRANCHE-COMTÉ

PREMIÈRE PARTIE.

Entre tant de pays que le génie de nos hommes d’État a conquis par la force ou la diplomatie, et, chose plus difficile, subjugués une seconde fois en satisfaisant les intérêts, en entraînant les âmes à la nouvelle patrie par une politique habile, par l’enivrement des dangers, de la gloire et de la puissance mis en commun, la Franche-Comté, l’antique Séquanie, Haute-Bourgogne ou comté de Bourgogne, occupe une place originale qui de bonne heure devait fixer l’attention des annalistes : terre pittoresque et nourricière qu’on a pu comparer à la Suisse, à l’Écosse, appeler l’abrégé de la France, qui renferme tous les genres de beautés, hautes et moyennes montagnes où prit naissance mainte industrie pastorale, où villes et villages tirent parti des moindres ressources du sol, épaisse couronne de forêts, plaines riantes et accidentées, propices aux cultures les plus diverses, grottes profondes, rivières et rus qui, dans leurs méandres infinis, apportent la vie à la terre, l’idéal à ceux qui savent admirer ! Race singulière, formée par l’alluvion du Gaulois, du Franc, du Burgunde, du Romain, qui, pen-