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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/327

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Nos Adieux à la vieille Sorbonne, par M. O. Gréard, de l’Académie française.


La vieille Sorbonne va disparaître. Dans quelques mois, il ne restera plus rien d’elle que l’église ; encore ne l’a-t-on gardée que par grâce, et avec l’arrière-pensée d’y loger des collections de géologie ou d’histoire naturelle, des ateliers, des laboratoires. J’espère bien qu’on lui épargnera cette profanation. Une église qu’on désaffecte est une église qu’on déshonore ; mieux vaudrait qu’elle pérît tout à fait. Elle prend un air gauche, maladroit, presque ridicule quand on l’emploie à d’autres usages que ceux pour lesquels elle était faite. Il n’est pas vrai qu’on puisse impunément la transformer,

Et qu’on respire encor dans un temple aboli
La majesté du dieu dont il était rempli ;

pour être assuré que le poète se trompe, il suffit de jeter un coup d’œil sur « les temples abolis » dont on a fait, depuis un siècle, des magasins ou des écuries. La belle église de Richelieu ne mérite pas de subir un tel affront.

Puisqu’on a consenti à ne pas raser l’église, on aurait bien fait de nous laisser aussi la cour d’honneur ; tous les amis du passé la