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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/163

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pouvoir construire sur une grande échelle des chemins de fer secondaires. Après une couple d’années, toutes ces belles espérances se sont évanouies…

« A vrai dire, c’est une triste satisfaction pour nous, qui avons jadis voté contre la reprise des chemins de fer par l’État, de voir que les débats actuels nous donnent raison. Il faut le reconnaître en toute franchise et liberté : on nous avait promis des réformes de tarifs, et tout reste dans un état de stagnation. Comme l’a dit notre collègue Hammacher au Reichstag, où la question a donné lieu ces jours-ci à des débats animés, nous sommes à un point mort. On nous dit, il est vrai, en réponse à nos plaintes, que la réforme des tarifs ne fait que sommeiller. On va, par exemple, pour le trafic des voyageurs, faire des essais dans la banlieue de Berlin, et on verra ensuite, d’après les résultats obtenus, s’il y a lieu d’étendre la réforme à d’autres grandes villes.

« Ce n’est pas ainsi que nous nous étions imaginé la réforme et nous attendions tout autre chose. Le pays a subi un désavantage marqué par la suppression du système mixte en matière de chemins de fer (État et compagnies privées). Autrefois, nous avions la concurrence, et qui connaît l’organisation des compagnies privées et les juge sans parti pris doit reconnaître qu’en fait ces compagnies ont su se conformer dans la mesure du possible aux nécessités momentanées du trafic, bien plus que l’administration actuelle ; si nous avions encore aujourd’hui le système mixte, soyez convaincus que nous serions depuis longtemps plus avancés dans la voie des réformes. »

Dans la séance du 18 février, M. le député Hammacher s’exprimait ainsi à son tour :

« L’honorable ministre des chemins de fer, tout en reconnaissant que la réforme des tarifs de voyageurs et de marchandises est une nécessité, vient maintenant dire au pays : « pour des considérations d’ordre financier, je ne suis pas en état de la faire. — La caisse est vide. » Le gouvernement tenait un autre langage il y a treize ans, lorsque nous discutions la grave question de la reprise des chemins de fer par l’État. « Les chemins de fer de l’État sont nécessaires, disait-il, pour développer la puissance économique et politique du pays ; ils sont nécessaires, parce que la mission publique que les voies ferrées ont à accomplir est incompatible avec les bénéfices que recherchent les sociétés privées. On verra que dès que le système des chemins de fer de l’État sera mis en vigueur, la considération du gain sera laissée de côté, tous les légitimes desiderata économiques seront satisfaits, en un mot, les chemins de fer ne seront plus, comme c’est le cas avec les compagnies privées, exploités exclusivement en vue de réaliser un