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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/148

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On a souvent discuté les avantages respectifs que présente l’exploitation des chemins de fer soit par l’industrie privée, comme en France ou en Angleterre, soit par l’État, comme en Belgique ou en Prusse. C’est surtout dans ce dernier pays que les partisans de l’exploitation d’État ont été chercher des argumens en faveur de la cause qu’ils défendent. On ne saurait, à vrai dire, trouver un meilleur sujet d’étude et de comparaison que ce vaste réseau d’État prussien, qui s’étend sur près de 25,000 kilomètres et qui embrasse plus des neuf dixièmes de la totalité des voies ferrées du pays. Les adversaires du régime des concessions se sont donc attachés à vanter les bienfaits du rachat des chemins de fer en Prusse et l’heureuse influence qu’en a ressentie la situation économique et financière de ce pays. A les en croire, l’État, rompant avec les erremens des compagnies privées auxquelles il succédait, aurait amélioré considérablement l’exploitation, procédé à la réduction générale des tarifs, et, tout en donnant ainsi satisfaction dans une large mesure aux intérêts du public, aurait encore réalisé de beaux bénéfices, permettant d’amortir rapidement la dette des chemins de fer et, plus tard, de procurer des recettes importantes au budget.