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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 114.djvu/467

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Théâtre du Gymnase : Celles qu’on respecte, comédie en 3 actes, de M. Pierre Wolff.


Après deux essais au Théâtre-Libre, après leurs Filles et les Maris de leurs filles, on pouvait croire que « celles qu’on respecte » seraient encore une fois, observées sous un jour nouveau, parvenues peut-être à la considération, les mères des filles et les belles-mères des maris en question, ces personnes enfin que M. Pierre Wolff se plaisait à peindre, en craignant de les nommer. Il n’en est rien : celles qu’on respecte ne sont pas des courtisanes ; mais de petites bourgeoises qui se conduisent en courtisanes et même un peu plus mal.

La jeune, riche et jolie Gabrielle Mareuil est fort malheureuse, ayant depuis quatre ans un mari qui ne la comprend pas. Il n’y aurait d’ailleurs à comprendre chez cette mince poupée que le goût du monde et des plaisirs : bals, spectacles et autres superfluités à la mode. Or Mareuil a l’horreur de toutes ces choses. Mareuil est un homme sans imagination, sans intelligence même, un brave homme, mais un pauvre homme. Il n’a qu’une passion : la bicyclette. Il raffole de ce sport inélégant, en passe de devenir pour le tiers-état l’équivalent du mail-coach pour la noblesse. Gabrielle conte ses chagrins et ses griefs à sa meilleure amie, Suzanne, laquelle a la chance d’être veuve après six mois seulement de ménage et comprend son bonheur, sans en profiter encore autant qu’elle le souhaiterait ; mais patience ! — Il est six heures du soir, Mareuil rentre avec un air niaisement satisfait. Il descend à