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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 114.djvu/112

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Banque de France seraient analogues à ceux de la Banque d’Angleterre… Si la civilisation pouvait donner une seule monnaie à tous les hommes, ce serait un grand pas de fait pour les amener à penser qu’ils sont du même sang. »

Des écrivains anglais de réputation abondèrent dans le sens de l’Economiste. Parmi eux, il convient de citer M. Frédéric Hendriks, membre de la Société de statistique de Londres et auteur de nombreux ouvrages d’économie politique, qui publia un plan raisonné pour appliquer le système décimal aux monnaies anglaises et mettre celles-ci en rapport avec les monnaies de l’Union latine ; mais les changemens à apporter dans les habitudes de nos voisins étaient trop considérables pour que de semblables réformes n’exigeassent pas une longue préparation et l’évidence de grands avantages matériels. C’eut été se bercer d’illusions que d’espérer l’accession de l’Angleterre à l’Union latine ; mais le mouvement se continua ailleurs. Nous avons mentionné l’accession de la Grèce. Le gouvernement italien n’avait pu stipuler que pour la portion de la péninsule qui reconnaissait l’autorité de Victor-Emmanuel : par un édit de 1867, le gouvernement pontifical accéda à la convention pour les États romains. A la suite de la guerre de 186G, l’Autriche, en créant le double florin d’argent qui équivalait exactement à notre pièce de 5 francs, et la pièce d’or de 4 florins qui correspondait à notre pièce de 10 francs, sembla préparer l’assimilation de son système monétaire à celui de l’Union latine : elle vient, au contraire, sous l’influence de la Prusse, de s’en écarter définitivement par l’adoption, comme base de son système, de la couronne d’argent dont la valeur est supérieure de 0 fr. 03 à celle de notre franc. Le courant qui emportait l’opinion générale vers les idées d’uniformité monétaire semblait se fortifier, et l’Exposition universelle de 1867 parut une occasion toute naturelle d’appeler sur cette question l’attention du public et des gouvernemens. Une conférence internationale à laquelle prirent part un certain nombre de puissances en dehors de l’Union latine se réunit donc à Paris à la fin de 1807. Elle fut présidée par M. de Parieu, à qui cet honneur était bien dû. Les délégués se mirent aisément d’accord pour recommander à tous les États l’adoption de l’or comme étalon unique, mais ils ne purent s’entendre sur le choix de la pièce qui devrait servir de base à la monnaie universelle ; les uns proposaient une pièce d’or de 25 francs pour se rapprocher de la livre sterling anglaise, les autres la pièce française de 10 francs, d’autres enfin le gramme d’or fin, auquel chaque État aurait donné la forme et la dénomination qui lui auraient convenu. La conférence se sépara sans avoir abouti, et le seul résultat pratique qu’elle produisit fut que certains États