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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/934

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MEMOIRES ET SOUVENIRS DU BARON HYDE DE NEUVILLE [1]


Vous tous qui « faites » dans les livres, l’avez-vous assez subi, depuis six semaines, l’invariable dialogue avec l’ami qui daigne vous consulter ? — « Que faut-il emporter à la campagne ? Y a-t-il du nouveau chez le libraire ? — Énormément, toujours. Le dépôt légal continue de verser à la Bibliothèque nationale entre cinq et six cents volumes chaque mois. — C’est beaucoup par ce temps chaud. Mais quel est le bon livre, dans tout cela ? — Il y a le dernier roman de M. X.., et celui de M. Z… — Je les ai lus, sans les lire. Ils ne doivent pas différer des précédens, ni de tous les autres. — Cela dépend : il y a bien des façons d’habiller l’amour. — Il n’y en a qu’une de le déshabiller. D’où la monotonie de nos compositions, depuis qu’elles se hâtent si fort vers cet événement. Et puis, vos romans ne sont plus passionnés, ajoutent les femmes. — Nous avons d’excellentes études historiques, critiques ; très suggestives, et c’est bien écrit. Par exemple… — Assez. En vacances, je préférerais quelque chose de mal écrit, et qui m’amusât. — La première condition est fréquemment remplie, la seconde moins.

  1. 3 vol. in-8° ; Plon et C°.