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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/927

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LES PHOSPHATES DANS L’AGRICULTURE.

base d’une agriculture bien conduite, et qui a le grand avantage d’apporter, outre les principes fertilisans qu’il renferme, acide phosphorique, azote, potasse, cette forte proportion d’humus qui a une action si heureuse sur l’ameublissement du sol, sur sa fraîcheur, sur ses aptitudes à la production des récoltes.

La transformation en superphosphate n’est pas la seule méthode qu’on emploie pour amener à un plus grand degré de division les divers engrais phosphatés. On fabrique encore des phosphates précipités, notamment dans l’industrie qui extrait la gélatine des os. Ces derniers contiennent beaucoup d’acide phosphorique, qu’on dissout par un acide et qu’on précipite ensuite par la chaux. Dans cette opération on obtient de nouveau un phosphate insoluble, mais dans un état de division moléculaire tel qu’il se présente aux racines des plantes sous une forme très assimilable.

Ce phosphate, qui est bibasique, contient ordinairement de 36 à 40 pour 100 d’acide phosphorique ; c’est donc un des produits les plus riches qu’offre le commerce des engrais. Au point de vue agricole, il se rapproche du superphosphate, par la facilité avec laquelle il est absorbé. Aussi peut-il être employé dans les mêmes conditions que ce dernier.

IV.

Nous arrivons maintenant aux phosphates métallurgiques ou scories phosphatées, qui constituent un sous-produit de la fabrication des aciers et proviennent du traitement des fontes riches en phosphore, incapables de fournir de bons aciers, par un fondant calcaire. Celui-ci absorbe le phosphore oxydé par un courant d’air pendant la fusion de la fonte ; il se produit un laitier, qui autrefois était de nulle valeur, et qui aujourd’hui figure au nombre des engrais les plus estimés.

Ces scories n’ont fait leur apparition sur les marchés que depuis quelques années, et déjà elles tiennent une large place dans l’emploi agricole.

On les trouve sous la forme d’une poudre plus ou moins fine, d’une grande densité. L’acide phosphorique qu’elles renferment varie entre 12 et 20 pour 100. Acceptées d’abord avec hésitation, elles n’ont pas tardé à faire leurs preuves, et aujourd’hui elles sont regardées avec raison comme d’une efficacité notablement supérieure à celle des phosphates naturels, inférieure cependant à celle des superphosphates. Leur application aux céréales, aux cultures sarclées, conduit à de bons résultats, sans cependant aboutir à ces rendemens élevés qui paraissent rester le privilège des super-