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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/910

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LES PHOSPHATES
DANS
L’AGRICULTURE FRANÇAISE

I.

C’est aujourd’hui un fait bien démontré que le phosphore est indispensable à la vie végétale et animale. Dans un milieu où il manque totalement, la vie est absente. Les régions où il est rare sont infertiles, l’homme et les animaux qui les habitent sont souffreteux et clairsemés. La richesse en phosphore produit les végétations luxuriantes, les populations riches et denses, les belles races animales.

C’est le sol qui est le réservoir du phosphore. C’est là que le prennent, sous la forme de phosphate, les végétaux qui se développent à sa surface. Si la terre végétale était toujours pourvue abondamment de phosphate, nous n’aurions pas à nous préoccuper de son emploi en agriculture. Mais il n’en est pas ainsi. Les phosphates sont disséminés dans le sol en minime proportion, et si nous exprimons leur quantité en acide phosphorique, nous en trouvons rarement plus de 1 à 2 millièmes, souvent beaucoup moins.

Pour ne considérer que la France, nous voyons de vastes régions où la terre ne renferme que de faibles traces d’acide phosphorique. Les sols dérivés des granits, des gneiss, des schistes, comprenant plus du cinquième du territoire national, sont dans ce cas. La Bretagne, le Limousin, tout le plateau central, auquel on ap-